( AFP / SAMEER AL-DOUMY )
ArcelorMittal est tombé dans le rouge au troisième trimestre, en raison de l'arrêt fin septembre de l'activité de son complexe sidérurgique de Kryvyï Rig en Ukraine après plusieurs frappes russes, malgré une activité par ailleurs en hausse pour le groupe.
Le géant de l'acier a dévoilé jeudi une perte nette de 391 millions de dollars au troisième trimestre, contre un bénéfice net de 377 millions de dollars un an plus tôt. Cette perte est notamment due à une dépréciation de 852 millions de dollars de l'activité ukrainienne, ainsi qu'à des coûts exceptionnels de 293 millions de dollars liés à la mise en sommeil de cette activité.
Fin septembre, le groupe basé au Luxembourg avait expliqué interrompre l'activité dans la plus grande aciérie d'Ukraine après une série de tirs de missiles ayant coûté à la vie à 5 personnes et blessant 17 employés.
"Nous nous concentrerons sur la préservation des infrastructures", avait déclaré le dirigeant de la branche ukrainienne du groupe, Mauro Longobardo. Ce, afin que, "lorsque la paix sera enfin revenue, des options pour la reprise de la production restent envisageables".
Le reste de l'activité du groupe est toutefois en "amélioration structurelle", a estimé jeudi le directeur général Aditya Mittal. "Nous continuons à dégager des marges solides", a-t-il observé, avec un Ebitda (bénéfice brut d'exploitation), indicateur de rentabilité, en hausse de 34 % à 2 milliards de dollars sur le trimestre.
C'est "significativement supérieur aux moyennes historiques", précise l'entreprise qui a produit en 2025 55,6 millions de tonnes métriques d'acier brut et 48,8 millions de tonnes de minerai de fer.
ArcelorMittal se félicite en outre de l'amélioration des "fondamentaux du marché européen", à la suite de mesures protectionnistes de l'Union européenne sur l'acier.
Celles-ci réduisent les importations à bas coût venues de Chine, ce qui soutient la "hausse des taux d'utilisation des capacités de production nationales".
L'entreprise déclare avoir "remis en service l'ensemble de ses hauts-fourneaux européens, contribuant à préserver les emplois qualifiés et les chaînes d'approvisionnement locales".
L'Europe connait une hausse des prix de l'énergie, qui est un "facteur temporairement défavorable" en raison de la très grande quantité d'énergie nécessaire pour la fabrication de l'acier, relève l'entreprise.
Mais "les prix de l'acier s'ajustent à ce nouvel environnement de coûts" en raison de la moindre concurrence des importations, déclare encore ArcelorMittal.
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